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Brève étude de marché

Chère Dolly

Comparée à Barbie et surtout à Tressy, Mily était une poupée plutôt bon marché  : elle était vendue moins de 20 francs. Quant à Dolly, à sa sortie en 1968, elle fut proposée entre 34 et 35 francs, ordre de prix très comparable à celui de Cathie. Remarquons d'ailleurs, que tout au long de leur carrière, l'évolution de leur tarif restera en totale concordance, les deux poupées se disputant l'engouement de la même clientèle.

Si les premières années de la production, la progression est sensiblement constante, la hausse brutale du coût du pétrole et de ses dérivés sera répercutée sur le prix des poupées dès 1974. En effet, à la suite de la Guerre du Kippour (6-24 octobre 1973), l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole décida non seulement de réduire sa production mais aussi d'augmenter de 70% le prix du baril. En France, le coût de la vie explose et Dolly suit le mouvement en passant de 50 à 59,50 francs, ce qui représente près de 20% en un an  !

Par ailleurs Dolly étant la vedette de la collection, son prix se devait d'être au-dessus de celui de Gilles, Éric ou Aloa. Elle sera donc vendue entre 4 et 5 francs plus cher que ses compagnons. Une exception concernant Mélusine  : celle-ci était considérée comme une "poupée de collection", son prix avoisinait les 100 francs.

Dolly au XXIème siècle

Dolly est aujourd'hui moins collectionnée que Cathie, sa rivale de tous les temps. Et pourtant, les poupées sont toutes deux gracieuses et élégantes, leurs garde-robes sont bien fournies et ont de quoi rendre jalouse n'importe quelle "fashion victim"... Alors, pourquoi ? Plusieurs raisons peuvent être avancées :

Tout d'abord, leur longévité. Cathie a vécu plus longtemps que Dolly : sa production commença un an avant et perdura jusqu'en 1984 avec Nathie, lorsque la société Bella fut reprise par Berchet.

Le système de mèche qui s'allonge était certainement un argument porteur auprès des petites filles.

Quant aux parents qui faisaient les achats, si le prix des poupées était très comparable, le prix des panoplies de Cathie était en revanche souvent inférieur de quelques francs à celui des trousseaux de Dolly, parfois vendus aussi chers que la poupée elle-même. Ceci explique aussi pourquoi Dolly est aujourd'hui souvent retrouvée vêtue de tenues Bella, alors que le contraire est beaucoup moins fréquent.

Enfin, il semble que la politique commerciale de Bella ait été plus offensive que celle de GéGé, Bella faisait beaucoup de publicité dans la presse enfantine (Journal de Lisette, Quinze Ans...). Cathie est présente dans quasiment tous les catalogues de jouets de l'époque, tandis que Dolly n'apparaît que chez certains distributeurs. Il est vrai que si GéGé avait une production très diversifiée dans tous les domaines du jeu et du jouet, Bella avait choisi de se spécialiser uniquement dans les poupées. On peut supposer que GéGé devant combattre sur plusieurs fronts a sans doute dû faire des concessions.

 Deux pages de publicité Bella parues dans le journal de Lisette

Photo du haut : 16 novembre 1969 

Photo ci-contre : 21 décembre 1969 

icône indétrônable suscitant un engouement sans précédent auprès du jeune public Cathie est devenue la rivale incontournable de Dolly Cathie est l'unique rivale immédiate de Dolly en tant que grande poupée de mode.