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Dolly - Premières versions

« Le plus joli mannequin de grande taille. Elle suit la dernière mode parisienne. »

« Très élégante. Le plus joli mannequin de grande taille. Entièrement articulée. Elle possède un trousseau à faire rêver les petites filles. »

« Poupée mannequin articulée, aux longs cheveux implantés qui se prêtent à toutes les coiffures. Elle a beaucoup d'allure et est toujours prête à changer de toilette. Elle est présentée en mini-jupe et pull rayé, mais nous avons aussi pour elle des tenues de rechange. »

« Super mannequin, 52 cm. Style jeune fille 72, articulée »

« Super poupée mannequin, 52cm, style jeune fille, taille articulée. Nombreux vêtements haute couture. »

« Maxi mannequin style jeune fille. La gamme d'habillage dernier cri en fait la vedette préférée de toutes les petites filles. »

« Maxi mannequin plein d'élégance et de charme, membres et taille articulés, cheveux très très longs. Habillée avec pull, jupe, chaussettes et souliers. »

« Dolly est la plus grande des poupées mannequins. Ses 52 cm et ses formes bien proportionnées lui confèrent une grâce et une élégance racée. Ses membres et sa taille sont articulés. Ses longs cheveux sont soyeux, ses yeux dormeurs et son habillage très jeune. »

Superbement altière, Dolly affiche l'air farouche typique des poupées GéGé de la fin des années 60. Elle doit cette expression lointaine à ses sourcils très arqués et à sa bouche à peine souriante.

Comme pour l'ensemble de la production GéGé, Juliette Giroud participa activement à l'élaboration des croquis pour la fabrication des moules. Georges Seux, qui fut directeur artistique chez GéGé de 1950 à 1968 et à qui l'on doit la poupée Caroline, sculpta le corps et le premier visage de Dolly. Elle sera l'une de ses dernières créations, mais non la moindre.
Quelles célébrités furent à la source de leur inspiration ? Parmi les nombreuses vedettes de l'époque, le choix se porta sur le visage de Delphine Desyeux, jeune actrice égérie des publicités Bella qui fit ses débuts dans le feuilleton télévisé d'Odette Joyeux « L'Âge Heureux » et qui tourne en 1967 « les Risques du métier » avec Jacques Brel. Quant à la belle Catherine Deneuve, ses tenues dans « Les Demoiselles de Rochefort » ont certainement insufflé à Madame Giroud le style de quelques-unes des premières toilettes de Dolly...

Un visage d'ange

Le visage ovale est fin et racé. Les yeux sont dormeurs aux cils implantés. S'ils existent dans plusieurs tonalités de gris, de bleus ou de marrons, jamais Dolly n'a les yeux verts. La première génération d'yeux est en acétate, colorés dans la masse ; plus tard GéGé utilisera d'autres plastiques, l'iris sera alors incrusté dans le blanc de l'œil.

 Le dispositif des yeux dormeurs a fait l'objet d'un brevet déposé en 1958 dans lequel, entre autres, chaque œil possède son propre contrepoids.

Les cils implantés sont raides, à peine recourbés et dans des teintes foncées ; ils sont taillés droit, en arrondi ou en biseau.

Sur le coin externe de l'œil, trois petits cils sont dessinés dans la même nuance que les sourcils.

Le nez court est légèrement retroussé. Les joues sont plus ou moins fardées, en accord avec le rouge à lèvres ou la carnation de la poupée.

La palette des fonds de teint est variée et s'étend de mines assez pâles à des peaux plus hâlées.

La bouche fermée esquisse un sourire imperceptible. Les lèvres délicatement ourlées peuvent être incolores ou sont maquillées de couleurs allant du blanc à un rose très vif, presque violacé.

Les cheveux sont blonds, châtains ou bruns. Chacune de ces couleurs est déclinée en plusieurs nuances : on dénombre quatre blonds (pour moi : le platine, un blond très pâle, le blond classique, le blond plus cuivré très très rare), deux châtains et deux bruns. Même si l'un des blonds est un brin vénitien et que l'un des châtains a des reflets auburn, à aucun moment Dolly n'est véritablement rousse.

Les cheveux lui tombent jusqu'au bas des reins et peuvent être lisses, à peine ondulés ou franchement bien bouclés.

L'espacement, l'arrondi et le nombre d'implants qui composent la première rangée de sa chevelure modifient le style du visage et, en transformant le front haut et bombé, participent ainsi à l'expression de la poupée.

Ligne d'implantation ovale

Implants peu nombreux et espacés mais fournis

Ligne d'implantation carrée

Nombreux implants fins et serrés

Bien que contrairement à Cathie les cheveux de Dolly ne poussent pas, GéGé n'hésite pas à utiliser des slogans publicitaires vantant son « extraordinaire chevelure que tu pourras coiffer de mille et une manières ».

Dolly est présentée coiffée avec une raie sur le côté droit et une mèche rabattue sur le front de droite à gauche afin de dissimuler la naissance des implants. Cette mèche est discrètement maintenue au dessus de l'oreille gauche par un élastique.

La nuque indique le marquage caractéristique de Dolly : GéGé en script et à la ligne « MC5 ».

Un corps de rêve

Quoique les premiers catalogues des grands magasins indiquent 44 ou 45 centimètres, Dolly mesure 52 centimètres à son entrée sur le marché en 1968. Il s'agissait certainement à l'époque d'une version prototype fournie aux distributeurs. Ceux-ci en effet devaient préparer et imprimer les catalogues plusieurs mois avant la production et la mise effective des jouets sur le marché.

Son corps est celui d'une jeune fille tout juste sortie de l'adolescence et possède la taille tournante léguée par Mily ; toutes ses articulations sont réalisées par emboîtement.

Les bras déliés sont légèrement fléchis vers le haut afin de faciliter l'habillage par les petites filles. Les mains fines ont une pose très naturelle et élégante : la paume de la main droite est dirigée vers le bas, la main gauche est tournée vers l'intérieur.

 Le marquage en relief des bras est double, composé de l'indication « M5 » et en-dessous de la lettre D ou G précédée d'un chiffre, certainement le numéro du moule. Il est invisible lorsque la poupée est assemblée car il est indiqué sur la partie qui se visse dans le buste.

Hormis le pouce, tous les doigts de la main droite sont serrés et discrètement repliés sauf l'index ; ceux de la main gauche sont tous disjoints et un peu plus largement ouverts. Les ongles sont moulés en creux et peuvent être parfois légèrement vernissés.

Le buste porte en relief le marquage « MC5 Made in France » entre les omoplates. La taille est fine, la poitrine menue mais bien galbée.

Sa taille articulée lui permet de multiples inclinaisons, ce qui procure à Dolly des attitudes harmonieuses et charmantes.

Le buste se termine par une rotule qui s'emboîte et pivote dans le bassin. Il s'agit du même procédé que pour Mily qui a fait l'objet du brevet déposé en 1964 (cf. lien prélude pour Mily et cf. lien brevets pour le brevet).

Le bassin est marqué « MC5 » sur le côté gauche, visible seulement lorsque la jambe est déboîtée. Il présente de subtiles rondeurs au niveau du ventre et du pubis alors que les fesses ne sont pas moulées ni renflées : lorsqu'il est isolé, il n'est pas toujours facile de reconnaître l'avant de l'arrière ! La distinction se fait essentiellement par l'échancrure plus profonde au dos. Dans la plupart des cas, le bassin est de la même teinte que le reste du corps, cependant il est parfois retrouvé dans une couleur nettement plus claire, peut-être dans les premières éditions ?

Les jambes longues sont raides et droites. Les cuisses sont à peine potelées, les genoux discrètement fléchis et les pieds plats, ce qui lui permet de tenir debout sans l'aide d'un support.

Elles sont mentionnées simplement « M5 », qu'il s'agisse de la jambe droite ou de la gauche. Le marquage peut être observé lorsque le buste est déboîté du bassin, sans qu'il soit nécessaire de détacher les jambes.

Lorsque Dolly est assise, ses jambes, tout en n'étant pas parallèles comme le sont celles de Barbie par exemple, sont assez peu écartées.

Le pied, fin, a des orteils nettement moulés avec des ongles parfaitement dessinés en creux sans aucun vernis. Il est plutôt de type grec avec le second orteil légèrement plus long.

Il est rare de trouver des poupées dont les pieds ne soient pas percés par au moins un trou d'aiguille. En effet, les chaussures étaient fixées par une épingle aux pieds des poupées avant la mise en boîte afin d'éviter qu'elles ne s'échappent. On peut supposer que les poupées aux pieds intacts n'étaient pas destinées à être vendues mais plutôt à être exposées dans les vitrines des magasins, ou elles ont peut-être eu la chance d'éviter le piercing par hasard.

Deuxième version

En 1972, Dolly choisit de changer pour une coiffure plus dans le vent : coupe boule dégradée devant avec frange, très longue chevelure derrière qui tombe plus bas que les fesses, raie toujours à droite.

En cachant son front haut, la frange lui donne un air moins distant. La gamme de couleurs sera beaucoup plus réduite, seuls seront maintenus le blond doré et le châtain cendré. De même pour les yeux qui ne seront plus que gris-bleu ou noisette. Le rouge à lèvres se restreint à des teintes nettement plus discrètes, le rose vif et le blanc disparaissent, le rose pâle voire l'incolore dominent.

Elle adopte en parallèle des jambes flexibles. Celles-ci sont composées d'une armature métallique entourée de mousse et recouverte d'une gaine de plastique souple. Ces nouvelles jambes agrandissent Dolly selon le degré d'étirement, elle peut ainsi gagner jusqu'à deux centimètres.

Malheureusement, elles ont le double inconvénient d'alourdir la poupée et de la rendre moins stable lorsqu'elle est debout. De plus avec le temps, si l'articulation des genoux a été beaucoup utilisée ou si la poupée a été maintenue avec ses jambes en position pliée, les genoux restent très marqués et forment un bourrelet disgracieux.

Ces nouvelles jambes pliantes ne portent aucun marquage.

Dolly sera proposée dans les deux versions, jambes flexibles ou jambes raides, et ce jusqu'à la fin de la production.

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